jeudi 22 août 2013

EGLISE SAINT MARTIN DE CHÂTEAU, SAÔNE-ET-LOIRE

La commune de Château en Saône-et-Loire est située près de Cluny. C'est un village d'environ 250 habitants qui possède une église originale.
L'histoire débute (si l'on peut dire!) en 878 où le roi Louis le Bègue, Carolingien décadent, offrit aux chanoines de Saint-Vincent de Mâcon, le domaine de Château. Ce domaine était constitué d'un castel et d'une église ainsi que, vraisemblablement, quelques habitations où logeaient des serfs, des forêts et des champs.
Lors de la guerre de Cent ans, le domaine s'échange entre différents chefs de guerre au service de puissants seigneurs ou travaillant pour leur compte.
Puis, ce sont les guerres de religion au XVIe siècle qui font que l'église est plus ou moins ruinée. La Révolution arrive et tous les biens du clergé sont vendus comme biens nationaux. Sous la Restauration, la commune rachète l'ensemble pour en faire un logement du maître d'école ou du marguillier. Sous Louis-Philippe, on fait de la tour une salle de réunion. Finalement, on décide d'agrandir l'église et de la réunir à la tour qui en devient la sacristie et surtout le clocher.
On ignore malheureusement de quand datent exactement les édifices.
 
Sur l'esplanade devant l'église, une superbe croix de mission* datant de 1892 à été installée.
           

L'intérieur de l'église nous dévoile également quelques petits trésors.
           

* Une mission consistait en la visite d'un dignitaire de l'Eglise venu prêcher la bonne parole afin de raviver la foi des villageois. On dressait alors une croix commémorative en cet honneur.

dimanche 18 août 2013

RUE DU RANELAGH, Paris XVIe arrondissement

La rue du Ranelagh doit son nom à un admirateur du lord du même nom. Au XVIIIe siècle, ce haut personnage avait créé, sur ses terres près de Londres, une rotonde où il donnait des concerts publics.
Un certain Morisan gardien de la porte de la Muette, décida de s'en inspirer et créa un établissement similaire près de son lieu de travail. Le succès fut rapidement au rendez-vous. Mais la révolution et l'Empire passèrent par là. En 1814, les Cosaques qui occupaient Paris en firent un camp et lui causèrent de grands dommages. Sous la Restauration, il connut une nouvelle vogue puis perdit de son prestige.

La rue du Ranelagh qui reçut ce nom de sa proximité avec la salle de spectacle fut percée en 1824, sans doute lors des travaux effectués par le préfet de la Seine, Gaspard de Chabrol.
Cette rue dans sa partie haute, est bordée par nombre d'immeubles et d'hôtels particuliers parfois extravagants.
Ainsi, celui du n°94; construit en 1885, cet hôtel particulier est dû à Gustave Duvert pour  Marie-Charles-Oswald-Gabriel de Caix de Saint-Amour, comte romain qui aurait été camérier secret laïque du pape Léon XIII.
Cette construction néo-gothique utilise tous les poncifs du genre puisque on y voit une tour en poivrière, des gargouilles et une sculpture en bois sous le toit en avancée de la lucarne. Même le portail est spectaculaire dans sa volonté d'évoquer les demeures du Moyen-âge.

                         

Aujourd'hui, cet édifice serait occupé (discrètement, puisque aucune plaque ni drapeau ne le signale) par l'ambassade du Surinam.
La maison du n°92, plus sage, construite par l'architecte Dutemple, s'harmonise bien avec sa voisine bien que datant de beaucoup plus tard (1904?).

Presque en face, au niveau du n°103, on peut découvrir l'avenue des Chalets, voie privée, dont l'entrée est flanquée d'un hôtel particulier dans le même style néo-gothique. Il fut réalisé par l'architecte Léon Salvan entre 1882 et 1889 pour mademoiselle Vion.
                      
 Il est intéressant de remarquer les fleurs de lys, emblèmes royaux, qui ornent le bas de l'échauguette placée au-dessus du perron.

jeudi 15 août 2013

SQUARE DU VERT-GALANT. PARIS, 1er arrondt.

Le square du Vert-Galant est un petit bout de terre parisienne plein de charme.
Situé à la pointe ouest de l'Île de la Cité, il est accessible par un double escalier descendant du Pont-Neuf derrière la statue d'Henri IV.
A l'origine, il y avait ici trois îlots qui prolongeaient l'île principale: c'étaient l'île du Patriarche, l'îlot de la Gourdaine avec son moulin et l'île dite aux Bureau qui appartenait au voyer de paris Hugues Bureau (frère des maîtres de l'Artillerie Royale). Cette dernière était semble-t-il appelée auparavant île aux Juifs pour les nombreuses exécutions qui y eurent lieu lors des persécutions.
C'est d'ailleurs sur ce dernier îlot que furent exécutés le 18 mars 1314 (à moins que ce ne soit le 11 mars), le grand maître des Templiers, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, commandeur des Templiers de Normandie.
Lors de la construction du Pont-Neuf qui commença en 1577, les trois îlots furent rattachés à la Cité et servirent de base au nouveau pont.
Plus tard, au XVIIIe siècle, un établissement de bains très en vogue fut créé, avant d'être remplacé par un jardin où s'installa un café-concert appelé le Vert-Galant, surnom du roi Henri IV.
Une crue de la Seine fut fatale à cet établissement en 1879. Pour finir, la ville de paris acquit le terrain en 1884 et en fit ce jardin.




Le niveau du square par rapport au fleuve correspond à celui de l'île à l'origine. Cela donne une idée du caractère dangereux de toute crue de la Seine. 
Les vues sur certains édifices sont particulièrement attrayantes. Au-delà du square, une promenade pavée permet de s'avancer jusqu'à l'extrême ouest de l'île sur laquelle un saule pleureur apporte un peu d'ombre (pas forcément appréciée par tout le monde).

De l'autre côté, on aperçoit la statue d'Henri IV et les deux pavillons de la Place Dauphine qui lui font face.
Seul élément commémoratif de ce square, cette pierre provenant de l'île Saint-Hélène de Montréal témoignant de l'amitié franco-canadienne.

dimanche 11 août 2013

MASSY (Saône-et-Loire)

A proximité de Cluny en Saône-et-Loire, il ne faut pas hésiter à aller faire un tour dans le village de Massy.
La visite ne prendra pas beaucoup de temps: en effet, il y a, suivant les sources, entre 55 et 62 habitants.
Néanmoins, beaucoup de charme se dégage de cette minuscule commune.
En arrivant depuis la route de Cluny à Montceau-les-Mines, on passe entre l'église et un groupe de maisons anciennes qui semblent abandonnées; en fait, elles ne le sont pas puisqu'elles montrent qu'un entretien rudimentaire les conserve en état.

        


A l'arrière de l'église, une maison de maître semble être la demeure principale du village.
L'église, quant à elle est du XIe siècle et du plus style roman. Modeste, elle est dédiée à Saint Denis et ne renferme aucun ornement remarquable, sauf un bénitier de pierre, dont la cuve date du XVIIIe siècle et le socle est un vestige de colonne romane renversée.


vendredi 9 août 2013

PONT CINQ-PIERRES (Pierreclos, Saône-et-Loire)

"C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière
Luit; c'est un petit val qui mousse de rayons."

Le premier quatrain du Dormeur du Val de Rimbaud s'applique parfaitement à l'atmosphère de cet endroit bucolique.
Enjambant la Petite Grosne un peu en aval du village de Pierreclos, ce petit pont est composé comme son nom l'indique de cinq pierres plates. Pour parler comme les gens du pays, il ne faut pas prononcer le "q" du mot "cinq"; cela donne à la prononciation Pont Saint-Pierre, alors que le gardien du paradis n'est pour rien dans cette affaire.


L'hiver, sous la neige, l'aspect est évidemment plus austère et moins accueillant. 



On y voit toutes sortes de petites bêtes sympathiques.

Situé sur un sentier de grande randonnée, il est parfois franchi par des promeneurs. Moins agréables pour les amateurs d'atmosphère romantique, des adeptes de moto-cross l'empruntent de temps en temps bruyamment. Néanmoins, le plus souvent, c'est un endroit où règne un calme propice à la sieste ou à la méditation.

Il est impossible de dater sa construction, mais au vu de la photo ci-dessous qui remonte à plus de cent ans, il existait déjà à la fin du XIXe siècle. On remarque qu'à l'époque, la végétation était beaucoup moins présente, mais que le pont n'a pas changé.



J'ai découvert qu'il existe un autre pont presque identique en Mayenne, à Gesvres (voir ici).

mercredi 7 août 2013

SALLES-ARBUISSONNAS-EN-BEAUJOLAIS

Peut-on avoir le coup de foudre pour un site dès le premier coup d'oeil? La réponse est oui, bien sûr!
Par exemple, à Salles-en-Beaujolais, le premier contact avec ce prieuré clunisien, son église, son cloître, sa cour d'honneur autour de laquelle ont été construites les maisons des chanoinesses, ne peut avoir que ce résultat.

Le prieuré fut fondé au Xe siècle par l'abbaye de Cluny. Au XIVe siècle, les bénédictines remplacèrent les hommes et demeurèrent jusqu'au XVIIIe. A cette époque, les couventines furent remplacées par des chanoinesses recrutées uniquement dans la noblesse dont les titres comportaient au moins huit quartiers. Le prieuré devient un chapitre et le fait d'y entrer décerne automatiquement le titre de comtesse aux nouvelles recrues.
Ces femmes installées ici bénéficiaient d'un revenu appelé prébende et ne quittaient le chapitre qu'à leur mort ou qu'à leur mariage. Car, leur installation était une commodité accordées à des jeunes filles nobles qui, en contrepartie ne devaient que se conformer aux célébrations religieuses et aux prières. Elles venaient ici dans l'idée de consacrer leur vie à Dieu (jusqu'à certaines limites), d'être à l'abri du besoin et d'éventuellement contracter mariage. Elle ne faisaient pas voeu de pauvreté, en témoignent les maisons construites pour leur servir de logement dans le parc du chapitre.

L'entrée du chapitre par le parc (XVIIIe siècle).
Le chevet de l'église.
Façade romane de l'église et portail gothique pour l'accès au cloître.
Portail gothique flamboyant donnant accès au cloître (XVe siècle).

        Le cloître, son puits, ses colonnettes, son calme et sa sérénité.
              
 
La salle capitulaire et ses fresques murales, sa chaise du prieur, ses culs-de-lampe.
                  


Le musée expose quelques vestiges telles ces sculptures symbolisant les évangélistes.
Saint Marc (le lion)
Saint Jean (l'aigle)
Les chanoinesses pouvaient et même se devaient d'accueillir des demoiselles, ses "nièces", qu'elles éduquaient en vue de leur inculquer les bonnes manières et une conversation de qualité.
Uniforme des chanoinesses.
Parmi les Chanoinesses célèbres, il y eut la tante paternelle d'Alphonse de Lamartine. Celle-ci, en 1787, hébergeait une jeune fille, Alix des Roys, en attente sans doute de devenir elle-même chanoinesse-comtesse. Le jeune frère de Mme de Lamartine, Pierre, lors de ses visites à sa soeur fut séduit par la grâce de la jeune personne. Ils se marièrent le 4 janvier 1790 et Alphonse naquit en octobre. Alix de Lamartine connut une mort étrange: émue par l'élection de son fils à l'Académie Française en 1829, elle voulut prendre un bain pour se calmer. Hélas, celui-ci était trop chaud, elle s'ébouillanta et mourut quelques jours plus tard des suites de ses brûlures.
Evidemment, comme dans beaucoup d'endroits religieux, la Révolution mit fin à l'institution et le site subit des dommages importants.