mercredi 11 octobre 2017

LA MAISON DE VICTOR HUGO - PLACE DES VOSGES - PARIS, IVème arronidssement.

Au sein de la place des Vosges, véritable trésor architectural parisien, se trouve au n°6, la maison de Victor Hugo. Aussi nommé hôtel de Rohan-Guéméné, en l'honneur de ses propriétaires des XVIIe et XVIIIe siècle, c'est un bâtiment qui fut construit entre 1605 et 1612 (voir ici).
Victor Hugo s'y installa avec sa famille à partir de 1832 pour 16 ans.
Les pièces qu'on visite aujourd'hui ne sont qu'une accumulation de souvenirs du grand homme et n'a pas grand chose à voir avec l'appartement tel qu'il occupa. En effet, lors de son exil, ses meubles furent vendus, et l'appartement fut occupé par d'autres locataires avant de devenir un musée en 1902.

Le premier contact avec l'intérieur se fait dans l'escalier, car le musée occupe surtout les premier et second étages. On peut voir sur le palier intermédiaire, un bas-relief en pâte de verre de Henry Cros (1840-1907) représentant l'apothéose de Victor Hugo. Les fenêtres y sont ornées de vitraux.
              
Puis on pénètre dans l'antichambre tendue de toile dorée et décorée de portraits de famille. On y découvre aussi un buste de Victor Hugo par David d'Angers (1788-1856). Les portraits remarquables représentent le Général Hugo père de Victor avec ses deux frères et son fils Abel. C'est une oeuvre de Julie Duvidal de Montferrier (1797-1869), épouse d'Abel Hugo. La même Julie est représentée par son maître François Gérard (1770-1837). A côté, c'est un portrait d'Adèle Foucher, madame Victor Hugo (1803-1868) par sa belle-soeur Julie.
             
La pièce suivante est le salon rouge, où l'on recevait du temps du Maître, les habitués tels Théophile Gautier (qui venait en voisin), Lamartine, Dumas, etc..
 
Ici, aussi, on découvre plusieurs portraits de la famille dont celui de Madame Hugo par Louis Boulanger(1806-1867), de Victor avec son fils François-Victor alors âgé d'environ 8 ans  et de Léopoldine tristement disparue à l'âge de 19 ans, ces deux derniers peints par Auguste de Chatillon (1808-1881). Sur la photo d'ensemble au-dessus, on aperçoit dans le miroir, un portrait de Juliette Drouet en costume de théâtre peinte par Charles-Emile Calande de Champmartin (1797-1883).
                 
Dans ce salon figure aussi un grand tableau de Gillot Saint-Evre (1791-1858) représentant le couronnement d'Inès de Castro. L'histoire terriblement romantique de cette femme fut le sujet de la première pièce de théâtre de Victor Hugo.
                   

La salle qui suit est le salon chinois. Il est meublé et orné de créations dues à Victor Hugo lui-même. 

Ces décors étaient destinés à la maison qu'habitait Juliette Drouet à Guernesey.
On y voit aussi des meubles étonnants comme cette table aux encriers à quatre faces. Elle fut créée à la demande d'Adèle Hugo et destinée à une vente de charité. Lamartine, Hugo, Dumas et George Sand donnèrent chacun un encrier. Ce fut finalement Victor Hugo lui-même qui acheta la table faute d'intéressé. Une ravissante coiffeuse complète le mobilier de cette pièce.

Vient la salle à manger aux meubles lourds inspirés par l'époque gothique. Ce sont parfois des montages effectués avec des morceaux disparates et rassemblés au gré du Maître. La photo centrale montre une table à abattant dont le pied est orné d'un Saint Michel. C'est aussi une création de Victor  pour les maisons de Juliette à Guernesey. La photo de droite est une statuette de Gustave Deloye (1838-1899) intitulée "le Poète exilé".
           
Nous voici maintenant dans le cabinet de travail tendu de vert. On y remarque le portrait le plus célèbre de l'écrivain par Léon Bonnat (1833-1922). Il date de 1879. Un autre émouvant portrait de Juliette quelques mois avant sa mort en 1883. Et la table de travail de Victor qui écrivait debout. Au-dessus de ce meuble un amusant miroir orné de dessins du Maître et de quatre vers.
                  

 Pour finir, nous entrons dans la chambre à coucher. Elle est la réplique exacte de celle où l'écrivain s'éteignit le 22 mai 1885. A l'époque il habitait un hôtel particulier, avenue d'Eylau, devenue aujourd'hui avenue Victor Hugo. L'emplacement de cet hôtel est au n°124; il a été remplacé par un immeuble dont la porte est surmontée d'un bas-relief représentant l'illustre écrivain.
De toutes les fenêtres de l'appartement, il est possible d'admirer l'harmonieuse place des Vosges.

dimanche 3 septembre 2017

COCATHEDRALE NOTRE-DAME DE BOURG-EN-BRESSE - AIN

Une cocathédrale est une église ayant le rang de cathédrale en dépit du fait que la ville n'est pas ou n'est plus le siège d'un diocèse. C'est ce qui s'est passé pour Bourg devenue siège d'un évêché de 1515 à 1530 puis déchue de cette prérogative au profit de Belley-Ars.
Par manque de financements, cette église a été construite lentement entre le XVIe et le XVIIe siècle. Sa façade reflète cet étalement dans le temps, car commencée en style Renaissance, elle fut achevée en style Classique.
                    

L'intérieur présente un simple nef centrale flanquée de deux collatéraux. C'est ce qu'on nomme un plan basilical sans transept.

Les piliers qui soutiennent la voûte s'envolent sans aucun élément pour y faire obstacle.
Au-dessus de l'entrée, se trouve un orgue monumental. A l'autre extrémité une abside est sans aucun doute l'ensemble le plus remarquable de cette église.






Plusieurs mobiliers sont particulièrement intéressants.
Tout d'abord la chaire, oeuvre du sculpteur Jean-Marie Fyot (ou Fiot). La légende prétend qu'elle a été créée à partir d'un seul chêne de la forêt de Seillon. Elle date de 1760 et on peut voir autour de la cuve les quatre évangélistes et sur le dossier Marie et les apôtres lors de la Pentecôte. L'abat-son est surmonté d'un Saint Michel de Michel Bontemps ajouté en 1845.
         




La chapelle Saint-Crépin et Saint-Crépinien, présente un vitrail datant de 1530. Offert par la confrérie des cordonniers, il représente une crucifixion et la vie et le martyr des deux saints patrons de cette profession.
Un diptyque offert par Nicolas Chichon en 1523, représente la Cène. Les personnages au premier plan sont la famille du donateur représentés en prière devant l'événement. Curieuse pratique, il y a aussi des peintures au dos représentant des scènes de la Passion, mais elles restent invisibles aux visiteurs.
          




Le choeur et l'abside représentent le principal attrait de cette église.
A l'entrée, on rencontre ce tableau qu'on dit miraculeux. En effet, d'après la légende, il aurait été trouvé dans le tronc d'un saule et transporté dans l'église paroissiale qui se trouvait à l'époque à Brou. Mais le tableau ne voulut pas y rester et repartit dans son saule. Après plusieurs allers et retours, on finit par construire une chapelle à l'emplacement qu'il avait choisi. A la fin du XVe siècle, la chapelle en question se révéla trop petite et on décida de construire l'église Notre-Dame actuelle. Le tableau y est donc toujours vénéré, ainsi que la vierge noire qui fut sculptée avec le bois du saule et qui se trouve dans la chapelle de la Vierge
    
On en arrive maintenant à ce qui fait la principale richesse artistique de cette église : les stalles
Elles auraient été créées entre 1511 et 1519 peut-être par Pierre Berchod dit Terrasson (auteur des stalles de la collégiale de Brou) à moins qu'il ne s'agisse de Pierre Mochet (auteur des stalles de Saint-Jean de Maurienne). Elles avaient été commandées par Marguerite d'Autriche (1480-1530) tante de Charles Quint et figure majeure de l'époque. Les sculptures représentent sur les murs, des saints et de généreux donateurs et sur les rangées de sièges des scènes variées de la vie quotidienne en Bresse.
    
                





 Les miséricordes (petits sièges pliants qui permettent aux moines de se reposer pendant les offices interminables) sont ornées de figures parfois humoristiques et caricaturales.


L'abside est éclairée par trois hautes verrières datant de 1872, oeuvres de Eugène Oudinot (1827-1889).
Elles présentent des épisodes de la vie de la Vierge.








D'autres vitraux, oeuvres d'André Auclair de factures récentes rendent hommage aux morts de la Première Guerre Mondiale et aux martyrs lyonnais de 177.
Face à ceux-ci on peut découvrir des vitraux créés par Jacques Le Chevalier.